Quelques mots apposés

 

Pour avoir accès aux différents romans et l'histoire de leur conception : rendez vous dans la colonne de droite " Romans ".

Si vous souhaitez poursuivre la lecture d'un texte qui vous a plus, allez dans " Lecture en Ligne " à droite.

 

Bonne lecture

Kasey

 

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Vous êtes dessinateur ? Vous êtes écrivain amateur ?

Un lien vers votre blog/site peut être mis ICI

N'hésitez pas^^

Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 11:34

Neige-2010-043bis.jpg    

Te voici dans l'antre de Kasey :
Ici, nul échappatoire, sinon la lecture des textes de la romancière.


Kasey est le pseudonyme d'une jeune écrivain de la ville lumière. Née une plume en main malgré un baptème au champagne ( et oui, on aurait pu croire qu'alors elle se tournerait vers la boisson mais non ! ), elle n'a cessé depuis de noircir les pages lui tombant sous la main ( avec une prédilection pour les marges de ses feuilles de cours ).

Ses héroines sans cesse renouvelées arpentent les pays ( Egypte, Grèce, Maroc... ), les époques ( 19ème, antiquité, XXème siècle... ) et les mondes qu'elle crées. Dont la ligne directrice de chaque nouvelle idée est qu'en toute épreuve réside un espoir de voir la lumière de la joie. 

Kasey se distingue de ses contemporains par son écriture unique ( c'est sur ! Y a qu'une seule moi ! ^^ ) et un égo surdimensionné ( mais ne lui dites pas )
Aussi la jeune femme vous convie à visiter ses textes et à y réagir

Le site a pour projet de faire connaitre l'auteur ( en attente qu'une maison d'éditions accepte un de ses textes ) et de vous inviter à lire certains textes en avant première sur le net.

Ainsi, un texte recevant régulièrement des commentaires ( tout est bon à prendre^^ ), aura la chance de voir sa suite mise en ligne.

Bonne lecture

Kasey

 

Photo : De mon Jardin en avril 2010

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Par Kasey - Publié dans : L'écriture dans tous ses états - Communauté : Les apprentis écrivains
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 11:59

Les actualités du Blog en Temps Réel

 

 

 

      Les Romans à Lire et Relire

 

* Perle de Sang

Histoire Fantastique et Vampirique 

" En plein cœur de la volupté alors que la grande cité sommeille dans la chaleur étouffante de l’après midi, je cligne doucement des yeux et regarde attendrie l’amante à mes côtés, son doux visage aux traits fins et presque immaculés… presque. Le sang perle au coin de sa bouche délicate, un rayon auburn s’éternisant sur la peau pâle. Son corps glacé lové contre moi commence à se perler de myriades de rivières de saphir et d’émeraude. Je referme les yeux et laisse les images de la soirée défiler dans ma tête."

 

* Fourrure, Sang et Délicates Attentions

Histoire Bit Lit

"Ma langue léchait inlassablement le poil touffu qui recouvrait m peau pâle et je songeais avec frayeur à cette souris que j’vis observée un jour dans un zoo itinérant. Minuscule et immaculé si ce n’est ses deux obes écarlate. Elle n’avait pas semblé effrayée outre mesure par l’imposant reptile à l’affût près d’elle. Malgré son corps tremblant, elle effectuait une toilette minutieuse de sa personne, la petite langue rosée passant sur le moindre recoin de son corps, le museau s’agitant en tout sens. Et ce n’est que lorsqu’elle eut enfin fini que le reptile plongea sur sa proie. La dernière toilette du condamné."

 

* Le Souffle de l'Aurore

Histoire Fantasy

" - Gaelliana, reviens ici !

     Ses deux couettes brunes valsaient dans sa course qui l'éloignait de l'injonction impérieuse. Les petites sandales butaient sur les pavés jalonnant la grande route marchande. Parfois, un cheval au galop la frôlait si rapidement qu'elle manquait tomber mais elle ne ralentit pas pour autant. Gaelliana trouvait une certaine ivresse à courir ainsi comme si elle aurait pu s'envoler de son village, si tel avait été son désir. D'un simple vol."

 

* Le Secret de L'immortalité

Histoire Fantasy 

"Et elle ouvrit la boite de Pandore. Elia était inquiète, très inquiète, une expression de peur et de la sueur gouttait sur son visage blanchâtre. Elle était livide. Sa respiration s'accélérait et son pouls s'emballait. Sur le dossier était écrit : " Dossier d'adoption "."

 

* Romance sans titre

Histoire d'amour et Médical

      "Minuit trente. Peu importe comme je le formule, je me sens honteuse. Est ce que je me sers de toi à nouveau ? Est ce que j'écris cette lettre pour te faire payer le mal que j'ai ressenti ? Est ce pour expier un pêcher commis il y a des années de cela ? Est ce parce que tu me manques après toutes ces années et que le présent n'a pas réussi à chasser ton souvenir ?

    Je n'en sais rien.
    Je suis si fatiguée. J'ai peur.
    En fermant les yeux, parfois, je t'imagine encore là à me prendre dans tes bras, tes mains rugueuses sur ma peau..."

* Entre la Vie et la Mort

Histoire Fantastique

"Son corps était flou. Enfoui dans le brouillard épais et dense. Que lui arrivait-il ? Il faisait si noir. Pas de lumière pour le moment, aucune pour l’éclairer, pour lui indiquer le chemin. Ses cheveux emmêlés se prenaient aux branches dans sa course effrénée. A bout de souffle, ses jambes vacillant sous elle, elle s’arrêta. Son corps céda sous son propre poids, et elle tomba sur le sol : il était froid, humide. Elle appuya ses mains, pour se relever. Elle tenta en vain de reprendre son souffle. Il lui semblait qu’il était emprisonné dans sa gorge, refusant de sortir. Elle étouffa un cri en posant ses paumes au sol. Elles s’enfoncèrent, comme si le sol se dérobait soudain sous elle.""

 

* Mise à Nue

Histoire pour Adolescent

Une tempête. Une tempête, oui. A moins que ce ne soit un ouragan d'émotions et d'images qui m'envahissent. Tout hurle, écho à l'infini dans mes tympans. Les mains plaquées sur mes oreilles, je tente de ne pas entendre les bruits : peine perdue. Ca hurle toujours en discontinu. Que cela cesse je vous en prie. S'il vous plait, que ça s'arrête. Mon index droit tente de se tracer un chemin jusqu'à la fine membrane du tympan, cheminant sans relâche mais vaincu : le son pulse toujours à l'intérieur de ma tête.

* A-Mort

Histoire de Vie et Médical

      " Je vais me marier : je voulais que tu sois la première au courant "


L'eau tranquille de la rivière accueilli ces paroles avec une certaine félicitée. La brise légère ébouriffait quelques uns de ses cheveux bruns, faisant par moment larmoyer ses yeux. Un doux sourire jouait sur es lèvres qui plus que ses mots semblaient louer son bonheur à la face du Monde.

* Intouchable

Histoire Policière Adolescente

" Dès qu'ils me touchent... le dégout me submerge, dégout de moi, dégout de ces misérables créatures qui ne sont pas capable de m'arriver à la cheville.
Dès qu'ils me frôlent, je sens le sang affluer dans mes veines. Un sang glacé, sans vie, qui ne me rappelle que trop ce que je suis... Leur peau sur la mienne réveille la fureur lointaine de mes sens endormis. La dérive est proche, peu à peu, la chaleur s'acoule. Ne reste que la glace d'un matin d'hiver.

    Tout en moi prend vie, comme si auparavant j'étais morte et que là, sous la chaleur ennivrante, je prenais enfin vie. Je me sens alors vibrer comme si mes sens se décuplaient et que je pouvais percevoir chaque partie de ce qui m'entoure d'une manière différente.
    J'adore ces sensations qui me terrorisent, qui me font peur au fond. Je n'ai surement pas le droit d'éprouver ce genre de chose. Mais j'en ai assez de devoir me battre contre ce que je suis. La soif de chaleur agit comme un calmant, je le détiens de mon passé. Un passé qui me revient chaque fois en pleine figure. Et ca fait mal. "

 

* Décadence, Douille et que Dalle

Histoire Policière

Une odeur de pourriture s’y dégage mêlée aux effluves d’un parfum inconnu mais qui réveille en moi une certaine méfiance. J’en ai peur car au fond de moi je connais cette odeur mais je ne peux pas y inscrire un nom. J’ai peur de cet endroit. Il y fait si noir. Pourquoi suis-je ici ? Ce que ma tête me fait mal ! Je sais qu’il ne faut pas que je cède à la panique mais l’impression d’étouffer m’obsède.


 

   Nouvelles à Lire et Relire


* Reflexion Osée

 L'attirance que l'on peut avoir à la fois pour l'une et pour l'autre est souvent très préhensible. N'avez vous jamais ronronner sous une carresse tant attendue ? La main cheminant sur votre peau en un doux effleurage semblable à la caresse de la peluche de votre doudou à l'âge tendre. N'avez vous jamais éprouvé la fascination à ressentir en vos chairs le cheminenement de la douleur ? Pointe esquise s'il n'en faut. Le plaisir s'en ressent dès lors : une chaleur semble vous emplir le corps, diffusant dans vos veines à une vitesse vertigineuse, vos muscles - pour certains inconnus jusqu'alors - se contractent, inconsciemment l'étaux se referme et les prunelles dilatées vous savourer l'émotion ressentie.

* Ma Crapule

 Tes yeux cherchent les miens sans fin, j'entends ta voix qui m'appelle, innerte ne bougeant point, je reste là. Ta voix me rappelle d'autres paroles, encore entendre ta voix si jeune, encore entendre tes murmures, pour toi j'accepterai de porter encore mon prénom. Pour que tu le déformes à souhait, pour entendre encore les " Ayan "quand tu me parles. Sentir tes petites mains se refermer sur mes doigts, si fortes que je ne peux m'en défaire. Que je ne veux m'en défaire. Si tu n'existais pas ?
Est ce que ce serait pareil ?

* Louve d'Argent

La voix était douce mais je sentais qu'il s'agissait d'un ordre. Elle m'en voulait! Mais qu'elle me lache. Sa voix résonna dans ma tete. " Ne meurs pas Emie ! Ne laisse pas la vie te quitter ! Bats toi !" Je voulais qu'elle me foute la paix. Oui qu'elle me lache!!!

Elle apporta la victime à mes pieds. C'etait un jeune homme, il devait avoir mon age. Enfin, celui que j'avais quand j'était morte. Je glissais ma main dans ses cheveux. Comme la soie, il déversait sur ma peau blème une douceur infinie. Je glissais mon doigt sous son menton, le forcant à me regarder. Il avait peur. Je ne pouvais le blamer. Ses yeux exprimaient la douleur aussi. Que lui avait elle fait subir?

* Carnets Verts I II III IV V

Une douce mélodie accompagne les sanglots de l’enfant triste ; il pleure dans le silence presque étouffant que les adultes qui l’entouraient affichait ; les larmes souillant ses joues étaient balayées par la brise apportée par la mer, la vague soufflait léchant les rochers de la falaise. 


* Un si Petit Oubli


 

 

   Roman à Ecouter

 

* Mise à Nue


 

 

Dernière modification le 2 novembre 2011    

 

Par Kasey - Publié dans : L'écriture dans tous ses états - Communauté : Journal d'un écrivain
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 12:00

Perle de Sang 
de Kasey
 

GaelleParis 052

 

        En plein cœur de la volupté alors que la grande cité sommeille dans la chaleur étouffante de l’après midi, je cligne doucement des yeux et regarde attendrie l’amante à mes côtés, son doux visage aux traits fins et presque immaculés… presque. Le sang perle au coin de sa bouche délicate, un rayon auburn s’éternisant sur la peau pâle. Son corps glacé lové contre moi commence à se perler de myriades de rivières de saphir et d’émeraude. Je referme les yeux et laisse les images de la soirée défiler dans ma tête.

        Un sourire, une angoisse, un visage, et tout file à vive allure, je repasse le film de cette nuit, avec le sentiment que c’était il y a une éternité. E.T.E.R.N.I.T.E.  Un mot qui ne veut au final rien dire, peut être que je me pencherai la dessus un jour. Peut être.

        Même ici, dans la cité, il existait des endroits de débauche, sur lequels le gouvernement fermait les yeux. Il préférait faire comme si cela n’existait pas, cela lui évitait des problèmes, des tonnes de problèmes… Trop de gens à enfermer, et sûrement trop de personnes à juger et à se demander on en fait quoi ? Moi, je ne juge pas, je choisis, et je me sers. Qu’importe les conséquences, qu’importe la souffrance, je pouvais avoir ce que je voulais. Et, souvent, ça me gâchait mon plaisir. Rebellez vous. Ne cédez pas si facilement, pauvres créatures.

        Celle d’hier était… oui, était… mmm… délicieuse. Une saveur inoubliable. Je sortais plutôt tôt de la « rave », les gens étaient plutôt coincés aujourd’hui, il y a avait un peu trop de loubards, et pas assez de filles à mon goût. Déçue, j’étais sortis un peu maussade, et alors que je déambulais dans les rues glauques d’un Paris endormi, je la vis. Mon instinct a pris le dessus, et tandis qu’elle venait vers moi, je promenais mon regard sur son corps. Arborant un jean qui mettait en valeur de longues jambes fines, elle portait aussi afin de prolonger sa silhouette filiforme, un long débardeur noir… Et assez échancré. Je portais mon regard sur sa poitrine, et je la sentis relever la tête, qu’elle gardait obstinément baissée en marchant, ses talons claquant imperceptiblement sur le sol. Ses yeux verts me frappèrent de plein fouet, les boucles de ses cheveux blonds caressant son cou et ses épaules comme un drap de soie. Le désir se réveilla en moi, à la vitesse de l’éclair.

        Elle s’arrêta et me fixa, un pas en arrière, un pas en avant, indécise. Je me sentis sourire imperceptiblement, et je la vis frémir. Je devais ressembler à un requin. Elle était si faible, petite humaine, si fragile, et si jeune. Je la sondais et la sentit fléchir.

        Peut être était ce du viol, ou peut être pas. Oh bien sur, elle me trouvait belle, envoûtante mais comme on aime un tigre ou un loup en cage. Tant qu’il est derrière les barreaux, sa beauté fascine, mais dès qu’il surgit devant vous, vous ne pouvez que vous tassez sur vous-même ou courir avant qu’il ne vous rattrape. Dangereuse. Ce mot se répétait comme une litanie dans son esprit, j’étais dangereuse. Même saoule, le signal d’alarme criait dans sa tête. Je l’entendis aussi clairement que la cloche de l’église la plus proche qui sonnait le premier coup de minuit. Mes crocs pointèrent à l’instant où mon sourire pointa dans la lueur diffuse de la lune.

       Le regard hypnotique de mes yeux l’envoûtait. Je savais que malgré la nuit noire et la distance qui nous séparait_ quoique se réduisant de plus en plus_ elle percevait la lueur violette de mes yeux.

Elle frémit, le corps transit de froid, de faim, de désir, de soif… tel un manque d’héroïne, elle se jetterait désormais sur n’importe quoi pourvu que cela satisfaisssasse sa faim. Et c’est moi qui allais satisfaire la mienne. Je ne prenais pas cela pour du viol, j’avais fait pire dans ma vie, V.I.E. quelle vie ? Je ne vivais que pour la Cause. Alors, j’avais le droit à de petits écarts et techniquement, c’est pas moi qui me suis accrochée à elle comme à une bouée de sauvetage dans un océan déchaîné de besoins qu’elle ne pouvait satisfaire, tellement son corps hurlait.

        Cette femme dont je revoyais les cuisses menues, la peau lisse, rasée, l’odeur saisissante de la cyprine… Ce n’était rien par rapport à ce que j’ai fait et ferrai. Un M.O.N.S.T.R.E. reste un monstre, même s’il a l’apparence d’une femme séduisante.

 

     _ Alice, appela la voix grave qui fit irruption dans ma chambre, sans frapper encore une fois. Je sifflais. Oh mon Dieu.

 

     On aurait pu croire qu’il trouvait cela immonde, qu’il me détestait, qu’il… Mais, non, il regarda, l’appétit dans les yeux, le corps inerte, et sondant mes yeux vides, il me demanda d’une voix où j’imaginais bien la bave perlée.

 

      _ je peux ?

 

      J’asquiéçais sans un mot. Je le vis nous rejoindre sur le lit, et fondre sur sa proie. Il rétracta les lèvres sur ses crocs luisants faiblement et tout en me regardant droit dans les yeux, il commença à boire ce qui restait de sang de la pauvre victime innocente. Je suis ignoble non ? J’aurai pu m’en prendre à des tueurs, des violeurs, des montres comme moi, mais faut comprendre après des années à se faire la morale, on en a marre. On casse le cocon et on sort casser la croûte.

       Cependant, s’il n’y avait pas eu la Cause, je lui aurait peut être fait endurer le châtiment suprême, et j’aurai pu avoir à loisir, le plaisir de la toucher… Je fermais les yeux, me détournant du corps qui commençait à se raptisir, et se friper, je ne savais que trop bien ce qui allait en rester, je ne voulais pas voir cela.

     Je ne sais pas comment on a réussi à rejoindre l’appartement, elle appuyait tellement son corps contre le mien, que je m’étais fait violence de ne pas en finir maintenant. A peine, la porte poussée, elle m’avait poussée contre le mur, et violemment embrassée, s’entaillant les lèvres et la langue, le sang avait perlé sur nos bouches, et glissé le long de notre gorge, liqueur amer et si savoureuse. Sa bouche descendant le long de ma gorge, s’arrêtant à la naissance de mes seins, elle avait relevé la tête, et son regard m’avait transpercé, une fois encore. Elle était vraiment belle… Encore une de ses beautés éphémères.

      Soudain, je sentis une pression chaude et humide contre ma hanche, ouvrant les yeux, je fixais Arsenios de mes grands yeux. Les lueurs violettes se reflétaient dans la lueur verte des siens. J’aimais beaucoup ses yeux, tout en lui me rappelait un félin, pourtant, c’était ses yeux, qui m’avait poussé à ne plus le mépriser, et à faire de lui, l’un des miens. On avait traversé les siècles ensemble.

       Je levais la tête à la recherche de ses lèvres, le sang de celle sans nom, se mélangea sur nos langues, il respira à plein poumon, l’odeur de femme sur ma peau, enfouissant la tête dans mon giron. Je sentis une certaine retenu se détacher de lui, comme il en avait l’habitude. Il craignait toujours, que je le punisse, ou quelque chose de ce genre. Même si je le traitais comme le dernier des derniers, je crois que c’était mon plus vieil ami, et amant.

        Sa bouche avide m’avalait et me suçait les seins avec une violence accrue, par l’afflux de vie de son jeune corps. Sous la soudaine morsure, je me cambrais, et étouffais un cri dans mon poing. Il me rejeta sur le matelas, et me plaqua avec force sur le lit. J’aurai pu résister, j’en avais la force, mais j’étais si lavée, que je ne le fis pas. Sentir la douceur des draps, je ne pus me laisser totalement envahir par la chaleur, un coup d’œil angoissé à côté de moi, m’appris que le corps n’y était plus, seulement une immense tache de sang. Je frémis malgré moi, et cette fois ce ne fut pas du plaisir.

Pourtant, le désir était encore là, alors qu' Arsénios se penchait, la tête plongée dans mon intimité. Je sentais sa langue frôler mon clitoris, et mes lèvres, allant jusqu’à se frayer un chemin en moi, à l’instant, où elle se mit à tourner, je me cambrais davantage, le forçant à accélérer le mouvement, et je me mis à trembler convulsivement, en fermant les yeux.

       Levant brièvement la tête, il me regarda sauvagement, et sans un mot, vint m’embrasser, et sans qu’on s’en rende compte vraiment, nos corps ne firent plus qu’un, s’imbriquant l’un dans l’autre, et bougeant à leur rythme, sur une musique dont j’ignorai jusqu’aux accords, mais qui nous fit atteindre les cieux. Après, un dernier coup de boutoir vigoureux, il se laissa retomber sur le coté, plantant ses dents, dans mon épaule. Je sifflais doucement. Il les retira, non sans lécher la plaie, prenant son temps, une douleur qui m’en rappela une autre, il le sentit aussi, car son membre repris de la vigueur. Je lui souris doucement, mais je ne parvins pas à afficher du bonheur, je me sentais vide, assez vide, depuis que j’avais plongé mes crocs fatals dans l’épaule de ma dernière amante.

       Je laissais ma crinière tomber sur mes épaules et m’approchait de son membre qui grandissait de plus en plus. Soudain, sa main me prenant pas surprise, me prit le bras, et me tira en arrière. Une lueur de surprise dans les yeux, je me tournais vers son visage. De l’autre, il écarta mes cheveux, pour saisir mon menton,  et me relevant de force la tête, il plongea son regard vert en moi. Je me sentis fondre, et doucement, les larmes que j’avais retenues toute la nuit, pointèrent. D’abord doucement, puis, les sillons ne semblèrent plus se tarirent. Brusquement, il m’attira contre lui, un bras autour de mes épaules. Un gémissement. Je me recroquevillais contre son corps. Les minutes passèrent dans un silence presque religieux, qu’il rompit sur La question, la question inévitable, qu’il finissait toujours par me poser :

 

_ Cilia, t’aurait du la garder pour toi.

 

      Reprenant ma respiration, et sans le regarder, afin d’être en mesure de me contrôler, je dis doucement :

 

_ On sait tous les deux, que la Cause prime avant tout. Et elle impose de ne plus se créer de nouveaux compagnons. Et tu le sais très bien, dis je tristement.

_Mais je...

_ Il n’y a pas de « mais je » Arsénios, dis je sévèrement. C’est tout. Je ne peux pas trahir ma Déesse. Je ne peux pas la rejeter après tout ce qu’elle a fait pour moi.

_ Tu ne crois pas qu’elle te pourrit ta vie plutôt.

 

      La gifle retentit suffisamment fort, je le fixais durement. Il riait gentiment, visiblement satisfait.

 

_ Ecoute moi bien, Arsénios, même pour me faire retrouver le sourire, me mettre en colère n’est vraiment pas la bonne solution, même si cela semble fonctionner au delà de tes espérances. Surtout si tu L’insultes. Je ne permettrai probablement pas un autre blasphème.

_ Bien Cilia.

 

      Il gratifia son « Cilia » d’un baiser au coin de mes lèvres. Et malgré moi je me surpris à sourire.

 

_ Dis ca te dirait pas de dormir ?

_ Avec toi ? Toujours, mon amour.

_ Non, avec le cadavre que t'as mis sous le lit ! Allons dans ta chambre s’il te plait, cette chambre me fout le bourdon.

_ Si je comprends bien se sera encore à moi de faire le ménage.

_ bah, oui, y ‘en faut bien un pour faire le sale boulot, et puisque qu’on est deux, c'est toi !

_ mouais.

 

     Arrivée à la porte de sa chambre, je l’embrassais doucement comme une humaine devait s’y prendre. Et franchit la porte pour un voyage vers le pays des songes.

ligne

 

      Elle se tenait là, se mouvant gracieusement, parmi les herbes, et les rares fleurs de la rive… Ses pieds nus parfois frôlaient l’eau dans des éclaboussures bleutées. La toile qui la couvrait formait comme un linceul blanc et funéraire sur son corps frêle. Elle était très jeune, peut être une douzaine d’années. De longs cheveux tressés noirs, de grands yeux brillants, et une peau immaculée, malgré le soleil au zénith à cette heure de la journée, ainsi que ses origines. Sa mère ne se tenait pas loin, agenouillée parmi les herbes folles, à ramasser les branches de papyrus, pour les échanger à ce scribe du village qui acceptait alors de leur donner de quoi se substanter. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était bien suffisant…

_ Ankhti ! Viens me voir, mon enfant, nous devons parler.

La petite fille leva la tête, et se redressa légèrement avant d’accourir auprès de sa mère, dans des bonds gracieux dignes des rares gazelles qui passaient par la région et se faisaient immanquablement tuer.

_ Oui, mère.

_ Assis toi près de moi, mon enfant.

La petite fille s’assit docilement sur les genoux de sa mère, qui étala quelques mets sur le tissu qui couvrait le sol pour leur déjeuner.

_ Tu vas bientôt avoir tes treize ans comme tu le sais, tu es encore bien jeune hélas, et tu ne peux m’aider à nourrir tes frères et sœurs sans travailler. Etant l’aînée, tu te dois de trouver de quoi m’aider. Ton frère est trop jeune pour nous aider… Il faut que tu te décides.

_ Mais mère…

Un regard courroucé la coupa, et tristement elle baissa la tête…

_ Il n’y a pas de « mais » qui tienne, mon enfant. Tu te dois de m’aider…

_ Mais, je ne veux pas mère. Je veux être prêtresse.

La mère se redressa ; repoussant sans peine sa jeune fille. Et la retournant pour la regarder dans les yeux, elle leva la main et la gifla silencieusement. Puis, calmée elle dit d’une voix doucereuse :

_ Notre famille a beau être endettée, je ne te permets pas de nous traiter de cette manière. Tu m’entends ? Prêtresse, tu entends ce que tu dis, mon enfant. Veux tu à ce point être déshonorée…

_ Il n’y a malheureusement plus d’honneur sur notre famille mère.

_ Je ne te permets pas. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous en sortir.

_ Alors pourquoi ne veux tu pas que je demande l’aide des Dieux, ils nous aideraient, tu le sais bien. Ils sont toujours là pour nous, c’est père, qui le disait…

_ Ton père est mort, et tu crois que tes Dieux l'ont aidés ?!!

_ Peut être que les Dieux avaient besoin de lui chez eux. Quelqu’un de brave, intelligent et rusé comme lui.

La jeune femme se mit à rire avant de se laisser tomber sur le sol dans un sanglot

_ Tu es bien plus futée que lui, mon enfant.

_ Mère.

La femme soupira et se relevant en lissant ses drapés, dit soudain lasse :

_ Notre roi, Ptolémée aura bientôt finit la construction du temple. Pourquoi ne vas-tu pas solliciter la faveur du roi, et de lui demander toi-même de faire partie des jeunes novices. Dis lui, que tu souhaites tellement être prêtresse, peut être t’écoutera il, mon enfant. Je l’espère. Et peut être, que je pourrais faire travailler Sésostris.

_ Mère, il n’a même pas dix ans.

_ Ecoute moi bien, mon enfant déclama la femme sur un ton agacée, je te confie selon tes désirs, aux bons soins des Dieux, et à leur faveur. Ne t’avise pas d’intervenir par la suite dans ma demeure tant que tu n’auras pas rapporter de quoi manger dans cette maison. Et dis toi bien, mon enfant, que tu es seule désormais. Tu as choisi ta voie. Reviens nous voir un jour.

_ Mère ! Vous ne pouvez pas me faire cela… et Sésostris, Ahmasis… N’aurais je plus droit de les voir ?

La femme s’était redressée de toute sa hauteur, et toisait l’enfant de son regard noir. Elle serra dans sa main les branches de papyrus, s’incrustant sous ses ongles, au risque qu’elles soient inutilisables.

_ Si le roi ne veut pas de tes services, je t’enverrai travailler. Et tu pourras alors revoir tes frères et sœurs, d’ici là, rapporte nous de quoi vivre…

_ Mère…

La jeune fille était agenouillée dans l’herbe une larme solitaire s’échappant sur sa joue. Elle se releva brusquement, et remontant le tissus qui la drapait, elle se mit à courir. Elle grimpa, très haut, remontant le fleuve sans un regard pour celle qu’elle appelait « mère », et parcourant les kilomètres qui l’éloignait d’elle, elle s’arrêta soudain essoufflée, et se laissa tombée à bout de forces sur la berge.

Accroupie sur le sol détrempé, elle baissa la tête en signe d’assentiment, et se mit à prier. Une prière qu’elle entama de sa voix, chantante, que son père aimait tant. Une voix douce et envoûtante. La mélodie fit lever la tête des quelques lingères sur la rive de l’autre côté du Nil. L’eau se mit à se mouver de plus en plus vite, vibrant au son de la mélopée. Le ciel s’éclaircit d’une lumière vivifiante, presque aveuglante. La lumière blanche caressa un instant l’enfant qui priait, une gerbe de fleurs, devant elle, les yeux clos, la bouche ouverte sur un son.

La lumière se concentrait de plus en plus, vibrant dans un souffle. Et la berçant gentiment. Elle se redressa sur les coudes et plongea ses yeux sombres dans la lueur aveuglante, quand elle entendit la voix se propager dans l’air :

« Ânkhti, enfant du Nil majestueux, écoute les paroles de celle qui te portera, écoute celle qui te reconnaît comme son enfant sacré, écoute la voix qui t’emmènera avec elle. Tu es encore jeune, un jour ta parole sera exaucée, et ce jour là, tu me serviras, tu prieras avec mes fidèles, et tu me loueras. Un jour de la toge sacrée tu seras recouverte, immaculée de grâce et de corps, tu te présenteras et je te protègerai. Je t’emmènerai avec moi. Mais, d’ici là tu te dois de retourner vers ta mère. Fais ce qu’elle te demande et l’étoile sacrée viendra te chercher et t’emmènera où tu le souhaites… Mais, pour le moment tu es trop jeune. Garde ta pureté. Enfant sacrée. »

 

      La petite fille fixait la lumière qui s’évaporait de ses grands yeux ahuris, tout comme ceux des autres femmes de l’autre côté de la rive. Elle se redressa vivement pour échapper à leur regard inquisiteur, tandis que certaines murmuraient des prières ou incantations. Devant, le torrent de paroles qui suivait, elle s’enfuit, rebroussant chemin vers cette mère qui l’attendait. Pas une seule seconde elle ne pensa à aller au palais demander grâce au roi. Pas une seule fois, elle ne crut la petite voix qui la poussait à continuer à courir en remontant le Nil… elle revenait.

_ Mère, Ahmasis, je reviens.

Elle lui en voulait de l'avoir giflé mais elle lui pardonnait, non pas parce qu'elle avait raison... Seulement sa mère avait du mal à comprendre ce qui la reliait à son père, et l'attirance de sa fille pour devenir de ces jeunes femmes dont on ne sait rien si ce n'est que leur vie est auréolée de mystères et de fortune. Mais pour cette femme que les années et le deuil avaient abîmées, il ne restait qu'une rancoeur envers ce que les autres appelaient des Dieux, mais combien jamais elle ne l'aurait admis en public.


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Photo : Avenue des Champs Elysées Paris ( 75)

Juin 2010

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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 12:02

 GaelleParis 294

 

 

      La caresse de la soie et la lumière de la lune me firent frémir doucement, une forme indistincte bougeait à côté de moi. Arsenios endormit, bougeait beaucoup trop. Il était impossible de dormir à côté de lui, pourtant même si on avait moins d’un siècle d’écart, il était le plus humain d’entre nous… Parfois, j’en venais à ne pas regretter la sentence que je lui avais fait subir… Parfois, j’aimais sa présence autant que je la haïssais. Parfois, j’en venais à vouloir qu’il parte, qu’il s’en aille, en me laissant avec la Cause.

« Cilia » Je fixais sa bouille endormie avec ce sentiment de tendresse, de protection que je me devais de ne pas avoir.

_ Arsenios, le soleil est couché, nous devrions partir en chasse, que dirais tu de chasser en couple cette fois.

_ Qui ? demanda t’il d’une voix encore ensommeillée

Je comprenais très bien ce qu’il voulait dire aussi répondis je gentiment presque doucement :

_ Une créature.

Il se redressa sur ses coudes, ses cheveux effleurant sa nuque et frôlant ma peau dénudée. Il me toucha gentiment le bras en petit cercle de ses doigts.

_ Cilia hésita t’il, crois tu vraiment qu’il reste encore des « créatures ».  

Il prononçait ce mot comme s’il lui était étranger, comme s’il en était pas une lui-même.

Il leva la main

_ Je sais tu vas me dire que tu les sens, mais peut être leur essence perdure même après que les cendres se soient dispersées, peut être que ton odorat ne perçois plus ta propre essence et que tu te trompes… Peut être que tu as tort

_ Et elle qu’en fais tu ?

_ Si personne ne t'as demandé son sacrifice peut être que Celle en qui tu crois tiens encore à elle. Peut être qu'elle est déjà morte, ou que tu ne peux la tuer.. Peut être qu'elle est dans les faveurs de Celle en qui tu crois...

_ Et en qui tu crois…

_ Soit, mais je crois en toi, je suis de toi, pas d’Elle.

_ Sephora, je frissonnais en prononçant ce mot, elle est en vie. Et Elle aussi.

_ Alors pourquoi, Cilia, pourquoi ne résoud t’Elle pas le problème, Elle-même. Pourquoi ne résoud t’Elle pas la Cause avec ses pouvoirs, que de nous laisser nous débrouiller ?

_ Je, je ne sais pas. Je ne sais pas ! criais je.

_ Calme toi. J’aimerai seulement comprendre. Tout comme toi. Si Sephora est sur Paris nous l’auront. Nous pourrons l’avoir. Et tu pourras te venger. Je ne la laisserai pas filer. Mais, si elle n’est plus, il faudra faire ce qu’Elle nous a dit, pour la Cause…

_ Même si nous devons en mourir ?

_ Tant que je suis avec toi, Cilia, rien ne m’effraiera crois moi.

J’aimerai tant Arsenios, j’aimerai tant, mais je ne te crois pas. Même si tes paroles me font sourire. Tu as gardé ce vestige, cette candeur enfantine, que tu avais déjà autrefois. Ce sourire condescend d’une certaine manière, tu t’attendais toujours à ce que le monde se plie à tes ordres, s’agenouille devant la bêtise humaine qui te recouvrait comme un manteau… Tu étais bien stupide, et parfois, je me demande comment j’ai pu m’attacher à toi, et faire de toi mon compagnon… Comment on fait pour se supporter après tout ce que nous avons enduré toi et moi, de nos mains créatrices et vengeresses.

Je me relevais attirant le drap à moi et m’en enveloppant : sentir le tissus soyeux sur ma peau,  me donna l’irrépressible envie de plonger au cœur de ce déluge de chaleur, m’en enivrer, et n’en ressortir que longtemps après.

Je m’approchais, glissant sur le sol, comme si mes pieds fins ne le touchaient pas, de la commode… C’était une vieille commode qui avait été construite il y a bien longtemps, et à l’époque j’étais encore bien jeune… Une jeune vampire… Tout de même…

Les gens croient qu’avoir la vie éternelle c’est une sinécure, que l’on est mort à jamais, mais ce n’est pas tout à fait cela. On passe les premiers siècles à s’amuser, à tester nos capacités, entre nous, ou avec les autres. Vas-y je suis sure que tu n’arriveras pas à tuer les deux humains en même temps ! Cinq secondes pour le vider de son sang, t’as battu mon records ! Eh, il y a une fête à la cour, ça ne vous dirait pas d’y semer la terreur, comme au bon vieux temps… On était tous joyeux, ou écoeurés au début, rebutant la chair humaine, ou nous approvisionnant de notre sang pour éviter de tuer les humains… Mais, les siècles passaient et on gagnait en maturité, on passait le cap de l’adolescence vampires que et on atteignait à une vitesse vertigineuse l’age adulte. Puis, l’age des ténèbres. J’avais atteint l’âge des ténèbres, celui où je me demandais ce que je faisais encore là. Celui où je me demandais… Serons nous encore là quand la fin du monde arrivera ?

Lâchant le drap, j’enfilais une jupe courte qui laissait entrevoir mes jambes fuselées, que je recouvrais de fourreaux divers. Certains, je les mettais aux poignets, et un pieu assez fin dans ma queue de cheval. J’étais persuadée que personne n’y ferait attention. J’enfilais un petit haut à col d’une couleur indigo qui relevait mes yeux et ajoutais une touche rouge cramoisie sur mes lèvres pour relever la couleur blafarde de mon teint. Et encore j’étais chanceuse, chez Arsenios, le teint était plus à la transparence. Et c’était avec effarement que les fois où il avait faim et se retenait je voyais la peau translucide réapparaître.

 

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     La pluie laissait des traînées humides sur ma peau. De fines gouttelettes ruisselant le long de ma colonne vertébrale à mesure que le frisson parcourait mon échine en sens inverse : notre invité surprise était là. Et surprise, ce n’était pas une femelle. Quand les jeunes vampires assoiffées arrêteront elles de transformer tous ses jeunes hommes ?!!

Mon haut collait à ma peau, sensation agréable, tant que l’humidité régnait. Mes idées s’éclaircirent et d’un geste de l’index sans un regard en arrière, je fis signe à Arsenios de le chasser.

La chasse en couple était plutôt rare chez notre «  espèce » mais je prenais toujours plaisir à cette perspective, quand Arsenios m’accompagnait. J’aimais partager mes émotions avec lui, pour autant que je puisse en éprouver encore. Le plaisir de la chasse se mêlant au plaisir de mettre terme à une vie à deux.  Un instant de total compréhension presque aussi préhensible que de sentir la chaleur d’une union.

Attentive, trempée, j’attendais… la forêt s’était tue, elle avait sentie la menace : plus un hibou ne hululait, le sifflement des chauves souris s’était interrompu, les crissements des dents des rongeurs sur le bois ne parvenaient plus à mes oreilles, même le vent dans les feuilles ne se faisait plus entendre alors même que des mèches éparses se baladaient sur mon visage.

Finalement, le signal tant attendu arriva : un sifflement strident, trop peu naturel, presque inhumain : Arsenios et je l'interprétais sans mal : la proie arrivait droit sur moi.

J’eus à peine le temps de réfléchir que déjà la bourrasque d’un corps lancé à pleine vitesse me percuta.

Sous le choc, je fus propulsée contre un arbre loin derrière moi et la haine transfigura mes traits. Tombant accroupie les dents acérées pointées les yeux presque trop brillants à force d’être si noirs, je grognais. Un son profond venu des entrailles et sans égard pour ma victime lui sautait dessus. Accolée à un arbre, elle paraissait sonner mais n’en fus pas pour autant moins prompte à réagir.

Nous roulâmes tous crocs dehors l’un sur l’autre. Fatiguée d’esquiver des coups qui jamais ne m’atteignaient, j’enfonçais mon genou profondément entre les jambes de mon agresseur et d’un bon me relevait alors que toujours sur le sol, il se tordait de douleur.

Un sourire narquois naquit sur mes lèvres exsangues alors que je le regardais retrouver sa maîtrise de lui-même. Il était beau, de ses hommes, ayant passé trop de temps sous les soleils du désert, les traits trop secs, tirés sur les os aminciés, la ligne délicate des sourcils soulignant la virilité d’un nez droit qui s’ouvrait sous une bouche généreuse. Ses cheveux de jais longs et crépus comme un Idien, se bousculaient en pagaille sur son visage crispé, frôlant le col de sa chemise plus tout à fait blanche ouverte sur un torse des plus imberbes. Un pantalon de toile tout aussi sale désormais complétait la tenue. Cela manquait de rouge à mon goût.

 

-         Tu t’amuses bien Trésor ?

 

Je souris au son de la voix d'Arsenios dans mon dos. Comme à son habitude, il avait rabattu vers moi la victime, l’effrayant et la pourchassant pour que je l’accueille bras ouverts et la fasse trépasser.

Je léchais mes lèvres où un peu de sang perlait… Pas le mien évidemment !

 

-         Pas assez épicé à mon goût. Tu sais combien j’ai le palet délicat.

 

Un rire glutural s’échappa de ses lèvres que j’imaginais légèrement entrouvertes sur des crocs tout aussi acérés que les miens.

 

-         Sale chienne !

-         Oh mais c’est qu’il parle le petit ! d’une voix moqueuse.

Et le fil se cassa : la marionnette se figea et glaciale prononça :

Tu vas mourir. Juste avant, je veux une réponse à une question très simple : qui t’a fait naître ?

 

Il tenta de rire mais une douleur – que je lui avais infligé ? – dans la poitrine le plia en deux expirant un hoquet sinistre.

Mon sourire s’élargit mais ma voix resta de marbre :

-         Comme c’est mignon. Qui est ton  Djouqed ?

-         Plutôt mourir.

-         Comme tu voudras. Je me dois de réaliser le dernier souhait d’un condamné.

 

Levant ma jambe, le dos de mon pied frappa ses côtes avec force. A la manière du recul d’un revolver, son corps s’éloigna de… plusieurs mètres. Ne jamais oublier que nous ne sommes pas de pauvres créatures.

A la façon dont le chat observe la souris je penchais la tête sur le côté, une mèche tombant devant mon visage, le sourire pervers qui fait tant briller les yeux.

Se ressaisissant, il fonça tête la première en vue de me frapper le ventre supposais je alors que mon autre jambe se détendit et d’un arc de cercle faucha les jambes de la belle créature. Aggripant mon haut en tombant, le tissus se déchira, dénudant mon corps en partie. Grognant, je tombais sur lui, en essayant tant bien que mal de maintenir ses jambes sous les miennes, et ses épaules de la prise de mes mains. Toutes canines en avant, sa tête se tendait de manière à attraper quelque bout de chair à leur portée.

Secouant ma crinière, un rire fusa de mes lèvres, mon corps parcouru d’un frisson de plaisir. C’était presque trop facile.

Retenant d’une poigne affermie ses deux mains au dessus de sa jolie tête, je fis descendre la droite le long de la cuisse parcourant celle-ci, à la recherche du poignard qui s’y trouvait. Mon regard toujours obscurci planté dans le sien, j’observais l’interrogation se disputer à une légère angoisse au fond de ses prunelles. Il ne devait pas être si vieux que cela, malgré sa force. Un siècle ou deux… Il n’avait aucune chance depuis le début, son arrogance allait lui coûté.

Son regard s’éclaira et je suivis le mouvement de ses yeux mon attention rivée encore sur lui. Une lame à double tranchant d’une qualité exceptionnelle se trouvait dans ma main libérée. Elle avait été réalisée par le meilleur forgeron d’Athènes : pour mes beaux yeux, il avait réalisé l’impossible : une moitié de l’arme était en or, l’autre en argent.  Douleur exquise pour ses douces créatures que nous sommes. J’aimais particulièrement la façon dont la lune se reflétait sur le métal diffusant sa lueur fantomatique. Les pierres du pommeau aussi brillaient sous l’éclat argenté : essentiellement des semis précieuses. Et l’idée même que des esclaves est dus périr pour que tel joyau soit en ma possession  me ravissait. Et souvent en la contemplant, je me prenais à imaginer combien cela avait du être éreintant de travailler sous le coup des fouets, le soleil brûlant sans cesse votre peau, respirant la poussière, l’absence d’oxygène par moment, la brûlure de la sueur sur les plais ensanglantées, les larmes dans les yeux aveuglés quand enfin les chariots sortaient au soleil du zénith. Oh combien ses pensées me réjouissaient. Nourrissant le monstre en moi avec presque autant de saveur que le sang.

La lame appuyée contre sa gorge désormais, le première goutte se détacha.

 

-         un dernier mot ? Une réponse peut être à ma question ?

-         Crève salope !

 

J’haussais les épaules «  comme tu voudras »

J’appuyais plus fort et d’un geste sec, entaillait profondément la gorge. A mesure que le sang s’écoulait je buvais à la source, me nourrissant  de cette âme immortelle qui trépasserait prochainement mais déjà la blessure se refermait

 

-         Arsenios ?

-         Oui, Cilia ?

-         Maintenant.

 

Me relevant, je vis qu’il avait dans sa main comme prévu un morceau de bois taillé en pointe, une belle œuvre qu’il avait faite pendant que je jouais. N’ayant pas voulu utiliser le mien toujours dans mes cheveux, je regardais avec une délectable envie Arsenios s’agenouiller près de ma victime et tendre la main au dessus de son corps qui ne bougeait déjà presque plus.

 

-         Fais de beaux rêves

 

Ma voix était plus douce qu’à l’habitude, presque lointaine. On ne choisissait que rarement de devenir un monstre. Du moins le croyais je.

Avant.

Avant que je ne sois foudroyée par un mot, un seul, qui s’échappa de ses lèvres quand le pieu le transperça.

 

-         Ânkhti

 

Dans un ultime effort, il leva son bras, pour désigner le bas de mon dos.

Ce mésirable vampire ne pouvait pas savoir. Personne ne connaissait ce secret. Personne !

Je poussais Arsenios et m’agenouillais cependant c’était trop tard. Le pieu avait pénétré le cœur et déjà les bords de la plaie se noircissait et une odeur de charbon et de chair carbonisée se faisait sentir.

Les larmes coulaient de mes yeux, petites perles de sang

 

-         Pourquoi avoir dit cela ? Pourquoi ?

 

Arsenios s’était redressé et sans que je proteste, il avait passé ses mains puissantes sur mes épaules. Massant délicatement la peau dénudée, ses mains glissant  le long de ma colonne et finalement alors qu’un tas de cendre me faisait désormais face, sa main toucha le bas de mon dos.

 

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Photo : Parc Montsouris Paris ( 75 )

Juin 2010

 

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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 12:03

 GaelleParis 419

- Ankhti

La jeune enfant se retourna surprise, un sourcil levé sur ses grands yeux pailletés d'améthyste. Une question se formula sur sa bouche aux lèvres bien dessinées mais aucun son ne les fit frémir. Fixant toujours son interlocutrice, elle caressait langoureusement le chat assis sur ses jambes : bien qu'étant probablement un siamois à la solde de la Déesse Bastet, il avait dans le choix de sa robe une allure plus sauvage. Le gris blanc était remplacé par la couleur fauve, et le bleuté de ses yeux par une nuance dorée. Sa main passait en vague sur le pelage, le lissant en savourant la douceur sous ses doigts.

- Ankhti, il est temps de te préparer pour la cérémonie.

La jolie voix fluttée parvenait à ses oreilles mais elle ne sentit que l'appréhension montée le long de sa colonne vertébrale, ses doigts se crissant sur la fourrure. Un faible miaulement lui fit relever la tête qu'elle avait baissée. Elle asquiesca doucement. La jeune femme à la voix enchanteresse s'approcha du tapis sur lequel elle restait prostrée, en posant sa main sur l'épaule de la jeune fille, elle la fit sursauté : sa peau était si froide.

- Tu n'as pas à avoir peur, tu sais, ça se passera bien : j'y suis passée moi aussi, il y a un mois, tu te souviens ?

Soulevant le chat dans ses bras, elle le reposa sur le sol et lui donna une petite tape sur l'arrière train, le congédiant avant de répondre à son amie :

- Oui, sa voix lui parvenant comme étouffée. Mais Nephtys tu as été si malade les jours qui ont suivis, je n'ai même pas pu approcher ta couche et...

- Et ?

- Et j'ignore tout de cette cérémonie puisque je n'étais pas conviée moi !

Nephtys se mit à rire, sa main secouée de tremblements alors qu'elle tentait désespérément de ne pas laisser le fou rire monter en elle.

- C'est tout à fait normal. Les novices n'y ont pas accès.

- Pas accès, tu dis ? Tu me fais bien rire, elles m'ont enfermé avec les autres novices et on a du passé notre temps, comme chaque fois, à jouer, dormir, ou se raconter des histoires, ou encore...

Nephtys sembla comprendre car elle hocha doucement la tête.

- Ca se passera bien, tu verras.

Elle se lécha les lèvres, attardant la pointe rose de sa langue sur la lèvre supérieure si bien qu'Ankhti la fixa un long moment avant de baisser la tête en rougissant.

Une lueur espiègle dansa dans les yeux de Nephtys avant de s'éteindre en murmurant qu'il était temps qu'Ankhti se prépare, que la cérémonie commencerait si tôt le soleil couché et la lune au zénith et que ce serait bientôt le cas.

Se relevant souplement, elle tendit son unique main gantée vers la jeune fille pour l'aider à se relever. Ankhti se fit la réflexion que c'était étrange pour son amie de ne porter que cet unique gant. D'après Nephtys lors de sa maladie, elle avait contracté un mal étrange et que sa main était devenue si douloureuse au toucher comme au regard qu'elle avait préféré y mettre un gant.

Pourtant, en la prenant Ankhti ne vit pas une once de souffrance dans ses yeux verts pailletés d'or. Une fois debout, elle se laissa dénudée par Nephtys qui passant dans son dos défit la broche retenant la toge blanche. Le tissu se mit à onduler le long de sa peau et tomba à ses pieds. Glissant sa main derrière sa nuque, elle saisit la main de son amie au creux de la sienne, la caressant du bout des doigts.

- Ankhti...

Son prénom lui apparut comme un soupir entêtant, le souffle en atteignant sa nuque la faisant délicieusement frissonner. Se retournant doucement sans lâcher la main de Nephtys, elle serra contre cette dernière son corps aux lignes épurées. Nephtys gémit et en posant ses mains sur ses bras suivit la courbe de ses seins, de sa taille fine, des ses hanches avant de plaquer les fesses de la jeune fille contre elle. Cette dernière étouffa un doux rire vite envolé sous un baiser passionné. Ankhti poussa un petit cri quand sa langue frôla une des canines effilée de son amante, elle recula surprise, une lueur interrogative dans ses yeux indigo mais déjà Nephtys avait décidé de la faire taire.

Profitant de la surprise de sa compagne, elle s'était agenouillée face à elle, les mains toujours sur les fesses de son amante et déjà ses lèvres jouaient avec son nombril suivant le rond de peau par petits coups de langue rapide, descendant dans le creux de chaque côté des jambes qui fait tant frissonner de plaisir incontrôlable. Puis, les lèvres se déposèrent délicatement sur la rivière de poils bruns qu'elle se mit à lisser entre deux doigts d'une de ses mains descendues.

- Nephtys arrête.

Ankhti avait du mal à retrouver sa respiration, à mettre ses idées au clair et perdait peu à peu le contrôle du jeu qu'elle avait elle même démarrer. Son " s'il te plait" fut alors étouffé dans le petit cri qu'elle poussa en sentant la douce moiteur de la langue l'effleurer, ses jambes se mirent à trembler alors qu'elle se sentait si vulnérable là debout, nue et avec Nephtys. Fermant les yeux pour lutter contre le vertige qui la saisissait elle ne put s'empêcher de les rouvrir en sentant la caresse plus insistante alors que Nephtys lui souriait. Et quelque chose dans ce sourire la rendit mal à l'aise sans qu'elle sache pourquoi.

Un frisson de peur cette fois la parcourut et elle réussit à murmurer " arrête " d'une voix suffisamment forte pour être prise au sérieux.

Nephtys dodelina de la tête et se releva après une dernière caresse et fixa la jeune fille qui lui faisait face et avec provocation mit son unique main dénudée près de son visage dont elle en suça chaque doigt. Ankhti épouvantée vit alors le sang qui en perlait, son sang !

Elle recula glacée.

Nephtys continua sa toilette comme tout chat qui se respecte en gardant du coin de l'oeil la position de sa proie.

Il y eut dans la pièce comme un battement, un silence où un grand boum, un bruit vibrant de force aurait pu faire rage sans que cela ne surprenne personne, où la moindre respiration semblait avoir le pouvoir de déclencher quelque engin explosif mais il n'y eut rien de tout cela.

Juste une phrase murmurée avec une dureté nouvelle, tranchant avec la voix fluttée : " tu devrais vraiment te préparer maintenant ". L'or de ses yeux se fit plus intense et le vert plus lumineux à mesure qu'elle guidait Ankhti vers une baignoire à 4 pieds que l'on avait aménagée dans un coin accessible derrière une tenture.

D'habitude, les jeunes novices se baignaient toutes ensembles dans les eaux fraîches du Nil, mais le déroulement de la cérémonie requérait un isolement préventif.

Franchissant le baquet, Ankhti se laissa peu à peu immerger dans l'eau, réprimant des frissons à mesure que craintivement l'eau atteignait son ventre ; finalement, elle se laissa glisser au fond, ferma les yeux et resta immobile sous l'eau plusieurs secondes. Mais avant que Nephtys ne puisse s'en inquiéter, elle émergea en avalant une goulée d'air rapide, les joues rougies par l'effort.

Pas un mot, pas une phrase ne fut alors échangée. Ankhti sentit que quelque chose n'allait pas mais elle ne parvenait pas à saisir quoi.

Nephtys se mutait dans le silence avec un sourire étrange aux lèvres : comme la grimace d'un clown triste. Pourtant, elle accomplit sa tache simplement.

Prenant le pavé de savon, elle le plongea dans l'eau avant de le faire mousser entre ses mains, la mousse blanche teintant le gant de crin d'une lueur " rouille " puis ses mains allèrent sur la peau de la jeune novice, lui massant le cou, les épaules, les bras, la lavant chaque parti de son corps, la purifiant. Puis, rinçant ses mains dans l'eau, elle se rendit sur un petit meuble où des flacons se trouvaient entreposés et en prenant un, en sortit une épaisse patte blanche odorante qu'elle appliqua sur les cheveux de la jeune fille. Puis, prenant une bassine pleine laissée sur le côté rinça la chevelure étrangement rousse : Ankhti se frottant les yeux à mesure que l'eau l'aveuglait et la piquait.

Nephtys prit alors une serviette de coton qu'elle étendit sur les frêles épaules d'Ankhti avant de la sécher vigoureusement. Finalement satisfaite, elle la fit s'asseoir sur un petit siège en bois et commença par redessiner la ligne des sourcils épilés au khôl d'un trait fin, puis avec un khôl plus gras souligna le regard d'améthyste d'ébène et appliqua une couleur plus dorée sur les paupières, d'un fin pinceau humide qui lui donna envie de se lécher les lèvres, Nephtys lui déposa du rouge grenat à base de baies sur la bouche.

Lui laissant tout le loisir de se regarder dans le miroir qui lui faisait face si l'envie la prenait, elle passa derrière elle pour s'occuper de ses cheveux : la chevelure d'Ankhti était particulièrement longue descendant jusqu'en bas des reins, elle savait pour lui avoir poser la question que celle ci ne les avait jamais coupé depuis la mort de son père. La roulant dans un chignon lâche afin de mettre la perruque traditionnelle, elle s'émerveilla une nouvelle fois de la lueur orangée des mèches qu'elle tenait entre les doigts. Quand elle avait du naître, les gens avaient du être horrifié qu'une telle créature puisse exister... Probablement, pour cette raison, Ankhti les gardait sans cesse sous une perruque de cheveux de geai. Mais, par provocation, elle ne se rasait pas la tête, ni ne se coupait les cheveux, comme l'exigeait la coutume.

Pourtant, cette fois, Ankhti fut surprise de voir dans le reflet de la glace Nephtys lui natter les cheveux et y déposer des perles de terre cuites de couleurs différentes aux extrémités, mais se garda de tout commentaire.

Ayant achevé son labeur, Nephtys repassa sur la table d'où elle tira de quelque cachette des accessoires que dans le miroir, elle ne put distinguer.

- Ferme les yeux, ( ma chérie - en attente de traduction franco-arabe - )

Impulsivement, elle les ferma et elle sentit une étole recouvir ses paupières et un noeud la ceindrai en arrière de sa tête et quand elle rouvrit les yeux, se fut les ténèbres qui l'accueillirent.

Instinctivement, elle voulut enlever le bandeau mais Nephtys reposa sagement les mains de la jeune fille sur ses genoux.

- Reste calme, il ne va rien t'arriver.

La voix fluttée et douce qu'elle connaissait était de nouveau là pour faire taire son angoisse grandissante. Prenant une de ses mains dans les siennes, Ankhti sentit qu'on lui coupait les ongles sans en saisir le sens. Puis, ce fut une légère traction qui la fit grimacer, de ses bras devant elle et la douceur d'un tissu qu'on passait autour de ses poignets avant de les attacher, puis la fraîcheur d'un pinceau sur sa peau alors que l'on traçait ce qu'elle devinait être des hiéroglyphes, puis Nephtys la fit mettre debout, elle trébucha et celle ci la remit d'aplomb sur ses jambes lui demandant tour à tour de les lever pour y passer des sandales. Nephtys la contempla de pied en cap et hocha la tête satisfaite.

- On y va, le soleil est couché désormais.

Une panique submergea la novice qui déglutit péniblement, cherchant des mots. L'obscurité lui faisant face chaque fois qu'elle ouvrait les yeux. Un épais liquide coulant entre ses jambes, sa nudité l'handicapant désormais à l'idée qu'elle soit livrer à d'autres regards que ceux de ses camarades de jeu.

- Pas comme cela...Nephtys... Je ne peux pas.

- Fais honneur à ta déesse et conduis toi comme une prêtresse que tu deviendras cette nuit.

Effectivement, elle avait toujours voulu être prêtresse alors faisant preuve d'une grande docilité, elle se laissa guider dehors par sa compagne.

 

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Ma tête me semblait lourde dans mes mains, des larmes coulaient sur mes joues, ruisseaux d'argent jusqu'à ma bouche ensanglantée : aucune flaque ne me renvoyait mon image dans l'herbe à mes pieds : heureusement ! Je devais avoir l'air bien pitoyable pour la vampire que j'étais. Pourtant, alors que Arsenios, derrière moi, me serrait contre lui, pour calmer mes tremblements, je ne me revoyait qu'à cette époque où j'étais Ankhti : une jeune femme, égyptienne de naissance, qui avait pour seule et unique ambition d'être prêtresse et pas n'importe laquelle. Celle de la déesse mère Isis ! Mais lors de la cérémonie tout a changé et d'une façon que je n'aurai jamais envisagé, même encore aujourd'hui quand je me réveille en plein jour et que je me surprend à me croire encore suffisamment humaine pour affronter le brasier ardent du soleil ou plutôt le baiser tant attendu, salvateur, de la mort.

Nephtys...

Je frissonnais, une peur glacée me parcourant alors que la rage montait en moi. Elle ne s'appelait ainsi que pour Ankhti, quand toutes deux étaient plus jeunes, encore sinon innocentes, vivantes et pures dans leur esprit. Le temps n'avait pas effacé les blessures, mais il avait lavé toute cette légèreté.

Pour moi, " Alice ", elle s'appelait Séphora, et peut être que si j'attendais depuis toutes ses années d'affronter le soleil en face, c'était parce qu'elle était là quelque part, qu'elle m'attendait et que je n'aurai de repos que lorsque son coeur palpitera dans ma main avant de devenir cendre.

Si nous avions toutes deux changer d'identité c'était en parti pour s'adapter sans cesse à notre environnement qui selon les siècles se transformait ; et encore, Arsénios et moi avions hibernés déjà pendant plusieurs siècles. Ce n'était pas tant un long sommeil qu'une perte de connaissance volontaire qui au réveil vous laissait groggy, enragé, assoiffé et avec une puissance frôlant celle de la fourmi à vos pieds autant dire que cela n'arrivait pas souvent au sein de notre " espèce ".

Sans compter la vulnérabilité dans laquelle nous nous trouvions alors.

A travers mes larmes, je me sentis sourire. Une fois, c'était en... voyons voir... en 1205, lasses de voir nos idéaux, les pays, les gens que l'on connaissaient succombés les uns après les autres de ce que les mortels appèlent " mort " "maladie " " peste " nous avions cherché refuge dans les montagne de l'est de ce qui avait été un temps La Gaule.

Et au fond d'une grotte bien obscure se trouvait des galeries suffisamment sures pour que personne ne s'y aventure - et quand bien même, elle lui aurait été nécessaire d'apprendre à escalader les parois escarpées - l'insécurité n'étant alors pas un problème, nous étions alors entrer en " silence " pour nous réveiller en 1525 soit près de trois siècles plus tard, le corps submergé d'eau jusqu'à la taille !

Ah oui! si l'immortalité nous a été conférer l'intelligence fait malheureusement défaut à certains d'entres nous !

En " silence " notre corps se mure en un solide bloc à forme humaine comme si un djin... comment on dit... un géni ? nous avait gélifié : deux statues " grecques ", grandeur nature, finement ouvragées. Des perles rares pour un collectionneur.

Et sans trop savoir comment cela c'était déroulé nous nous étions retrouvé dans le jardin d'un noble, à décorer sa fontaine comme de vulgaires oeuvres d'art; c'est vous dire, si la déconvenue sinon la rage ne m'ont saisit et étreintes avec force.

Ouvrir les yeux, le gris de la pierre faisant place à la verdure au loin, les arbres ombrant le sol à nos pieds quand dans la grotte nous n'en avions point, sentir l'eau se déposer sur votre corps alors que la fraîcheur agréable aurait du nous accueillir " au réveil " et voir son compagnon debout avec à ses pieds sirènes de marbre et autres pacotilles : dé-con-cer-tant !

Car si l'on peut entrer " en silence " facilement, on ne choisit pas d'en sortir, le temps fait son oeuvre ou un vampire par son acte de présence à vos côtés vous réveille.

C'était une chance que la nuit fut là à notre retour et après avoir " réveillé " Arsénios, je ne peux que dire que le festin fut à la hauteur de l'humiliation.

Toutefois, on ne tarda pas tous deux à tomber " malade " : il s'agissait plus exactement de ce mal étrange qui vous saisit les jours suivant la transformation : peu à peu votre estomac se rebelle, recrache tout ce qu'il avale jusqu'à n'en extraire que du vide ou une bile si noire qu'on jurerait du sang. Et la faim vous prend tellement à la gorge qu'il est alors difficile de résister à l'envie de sang qui vous tambourine le crâne. cette fois là, on s'y était adonné à coeur joie. Et bientôt les habitants commencèrent à s'inquiéter des disparitions, des corps accidentés, des cadavres... des femmes passèrent au bûcher par l'inquisition, d'autres furent plonger dans l'eau et devait avec l'aide de Dieu si elles étaient innocentes en réchapper.

Et un miracle s'est produit : une autre épidémie ravagea le territoire nous permettant de nous y joindre sans faire périr de nouvelles victimes, sinon celles sous nos crocs acérés. Peut être que si j'en parlais à Arsénios, lui aussi s'en souviendrait et rirait de bon coeur avec moi ?!!

Me dégageant de son étreinte, je me redressais tant bien que mal, toute agilité évaporée.

- Cilia ?

Sa voix inquiète parvint dans mon dos.

J'anticipais sa réaction et me retournant attrapait la main qui aurait du soutenir mon épaule, un sourire éclaira son visage.

Il hocha la tête apparemment satisfait et ajouta avec malice

- Tu ferai presque peur dis moi comme cela. Tu ressembles à ce clown, tu sais, celui d'une chanson désuette qui pleurait sur un clavier.

- Ah oui ! Je vois. Pierrot ? L'arlequin avec au coin de l'oeil une perpétuelle larme. Sauf que sur ma peau ce ne doit être qu'une masse scintillante et rose sur les lèvres.

- Qui sait Cilia t'inventera peut être un nouveau maquillage ?

- Je l'appellerai alors ; rupture a-rosée.

Son rire me secoua me sortant de ma torpeur.

- C'était nul même venant de toi.

- Va je ne te hais point !

- Phèdre de Racine non ?

- Crois tu que je n'ai eu de cesse de retenir tous les dramaturges que cette terre à porter depuis tes ancêtres ?

- Non, tu n'as eu de cesse seulement de nous tuer !

Sa voix s'était faite plus douce, avec une pointe de douleur, tout amusement effacé.

- Je... commençais je.

J'expirai bruyamment et débitais à vitesse grand " V " la suite :

- j'ai enfreint une règle sacrée en te demandant de me rejoindre : j'ai payé pour cela ! Seulement, à la chute de l'empire, d'autres ont cru qu'ils pourraient faire de même sans en avoir à y répondre. Je les ai puni. Je les sacrifie.

- Tu te venges.

J'asquiescais, passant mes mains sur mon visage pour enlever le maximum de " maquillage "

- C'est une façon de voir.

Un sourire méchant se dessina sur ses lèvres.

- Arrête Cilia ! Tu sais très bien que tu n'as jamais respecter les règles et ce bien avant que tu ne deviennes le monstre que tu te complais tant à être.

Que répondre face à la vérité : réponse " rien ". Alors je tournais les talons et m'enfonçais dans le bois, me laissant porter et revenant à Ankhti, Nephtys et Cilia, moi.

 

Photo : Parc Montsouris Paris ( 75)

Juin 2010

Par kaseybook.over-blog.com - Publié dans : Perle de Sang - Communauté : manuscrits en ligne (romans)
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Mercredi 15 septembre 2010 3 15 /09 /Sep /2010 12:04

Perle de Sang

de Kasey

I.N.E.D.I.T.

 

ChampsElysees-Marche-de-Noel-083.JPG

 

 

Elle avait marché un long moment dans la nuit glacée, seulement guidée par la main et la voix de Nephtys ? Elle était aussi tombée plusieurs fois, gémissant à chaque nouvelle blessure sur son corps, dénudé en grande partie.

 

Finalement, sa compagne lui dit de faire attention à sa démarche, puis à sa tête tandis qu’elles cheminaient dans ce qui semblait être un long couloir avant qu’elle ne soit déposée dans un coin comme un vulgaire paquet.

C’est alors qu’essayant de bouger, elle avait constaté qu’elle était attachée, prisonnière de ses liens et de ce qui semblait être une chaine reliée à son cou, ruant et tentant de se débattre, elle hurla le nom de Nephtys.

Seul l’écho de ses plaintes lui parvint en retour et pourtant, elle sentait comme vrombir le vent autour d’elle : comme si survolant le sol, des fantômes valsaient.

Du dehors, elle n’entendait rien et ses appels au secours lui parurent vites vains.

Se ramassant sur elle-même, autant que lui permettait le collier à son cou, elle se mit à pleurer : pas tant des larmes de tristesse que des larmes de rage. La rage de ne pouvoir faire le lien de ses mains, la rage d’être ainsi exposée à des ombres, la rage de ne pouvoir affronter d’un regard quelque adversaire – imaginaire ? -, la rage de ne pouvoir faire appel qu’à ses larmes pour se montrer suffisamment fragile pour qu’on daigne s’adresser à elle d’un

-          Calme-toi

Non ! Non ! Non ! Elle ne voulait se calmer mais plutôt sentir la rage montée, ses yeux luire à l’idée de se venger derrière le bandeau. Elle voulait sentir le tremblement de ses muscles frémissant sous l’excitation qu’un possible duel à mort entrainerait : car qu’est ce que cela pouvait-il être d’autre sinon ?

Une partie d’elle-même la raisonna, lointaine, presque dans une langue qu’elle ne semblait plus maitriser

«  Allons, allons, réfléchir un petit peu peut être que ce n’est seulement qu’une simple épreuve d’humiliation destinée à ce que tu deviennes une vrai prêtresse ample. Ok courage, alors sèches tes larmes, redresse toi et fais leur face, quel qu’ils soient car en ton cœur a toujours résider l’espoir d’être ici. Quoiqu’il advienne montre-toi digne. Idriss aurait été fier de tout ce que tu as accompli jusqu’à présent. »

Rassemblant cette force de l’intérieur, elle en fit un mantra qu’elle se mit à réciter encore et encore jusqu’à l’épuisement ; la première fois qu’il franchit ses lèvres « je veux être prêtresse » elle se redressa ; la deuxième fois, elle arrêta de pleurer ne sentant plus que des trainées sur ses joues – humides, salées, collantes - ; la troisième fois, à travers le bandeau, elle ouvrit les yeux et fit face à l’obscurité ; la quatrième fois, elle se concentra du mieux qu’elle put  et finalement dans un ultime cri «  je serai prêtresse par Isis déesse mère toute puissante » : elle tomba le torse campée sur ses jambes.

Un rire cristallin la fit sursauter sans n’en laisser rien paraitre.

« Et bien, jeune novice, tu sembles bien téméraire et remplie de bonne volonté. Tu veux à ce point faire partie des nôtres, sans en saisir ni les aspirations secrètes, ni les conséquences.

La jeune novice tendit encore plus la chaine qui l’accrochait, manquant de s’étouffer en avançant

-          Et alors quand bien même les conséquences en seraient insurmontables, j’ai fait il y a longtemps un vœu : celui d’être prêtresse et de vouer un culte dans le temple de Philae à Isis. Et je m'y tiendrais quoique vous me fassiez alors. 

Elle avait le sentiment en une fraction de seconde d’être passée de l’autre côté de la barrière, du côté des adultes, elle se sentait à la fois mature et décidée à tout subir, investie d’une mission : réaliser ses espérances.

Le même rire clair transperça les ténèbres qui l’entouraient même si le noir diffus laissait filtrer une lueur orangée, signe que la pièce était probablement éclairée par d’innombrables lampes à huile.

-          Tu ne sais pas ce que tu dis, mais comme tu voudras. Ainsi soit-il, alors tu deviendras ce soir ma nouvelle prêtresse.

Un soupir de soulagement fit frémir ses lèvres entrouvertes alors que ses épaules s’affaissaient, elle avait remporté un combat, enfin elle le croyait. Qu’avait dit la voix mélodieuse, qui lui rappelait tant son amante : « sa nouvelle prêtresse »… non, elle avait du mal comprendre ! Décidemment, son esprit divaguait.

Un nouveau rire perça les ténèbres mais cette fois il avait une nuance moqueuse qu’elle ne compris pas. A nouveau un petit rire sarcastique :

-          Tu es certes apparemment courageuse et sinon délicieuse, mais tu sembles un peu trop naïve derrière cette allure combattive alors même que ta posture est dégradante. N’en éprouves tu aucune honte ?

Bien sûr, qu’elle avait honte de son corps ainsi affichée à ces ombres dont les mouvements fantasmagoriques faisaient frissonner sa peau ainsi dénudée. Mise à nue aux yeux de la mystérieuse voix chantante, elle se sentait trop faible, presque dégradée, pourtant elle savait que la seule offense que pouvait subir une novice puis une prêtresse était la pénétration en ses chairs d’un phallus et de se savoir si pure lui permis encore de garder sa dignité, ou le peu qu’il en resta. Mais, elle ne comprenait pas pourquoi la mystérieuse ombre osait se prétendre la déesse mère : celle-là même qui lui était apparu il y a quelques années ! Les voix quoique semblables n’avaient pas la même consonance : cette usurpatrice était trop…

-          Usurpatrice, le mot avait été dit comme un déchet

Le chemin de la pensée se faisant :

-          Comment…

Un rire bref

-          Alors tu me considères toujours comme une « usurpatrice » ?

Ânkhti affirma avant même de réfléchir « oui »

Un silence accueillit son onomatopée suivi de murmures réprobateurs prouvent qu’elles n’étaient décidemment pas seules, elle parvint à saisir «  comme oses-t-elle ? «  Suivit d’un « silence, taisez-vous ! ».

La voix se fit plus enchanteresse «  tu commences à m’intéresser : Ânkhti c’est bien cela ? – l’intéressée opina de la tête autant que ses liens lui permettait – on va jouer à un jeu, je vais te dire un mot et tu vas penser à ce que ça t’évoque si je devine juste une des ombres » comme tu l’appelles s’amusera comme il lui plaira.

-          Et qu’ai-je à y gagner ?

Le joli rire raisonna à ses oreilles : un doux son mélodieux.

-          Le privilège que je t’enlève le bandeau et que tu puisses contempler à loisir la beauté de mon corps de déesse.

Ânkhti malgré l’appréhension qui l’étreignait se mit à sourire et esquisser un début de rire.

-          Pas assez intéressant pour moi.

-          Dois-je te rappeler que tu es à ma merci : nue, entravée et aveugle.

Elle frissonna mais s’efforçant de prendre une voix égale

-          Oui, mais si le jeu en vaut la peine pour toi et que tu es sure de gagner alors je te propose que si tu gagnes, j’aurai le droit au baiser d’une déesse.

Le silence encore pesant suivant l’imprégnation des paroles dans la mémoire collective et des cris de réprobations résonnant par échos parfois. Se prolongeant, les minutes s’écoulèrent…

-          J’accepte

Quelque chose dans la phrase lui dit que ce n’était pas fini

-          Néanmoins ?

-          Cependant, ce sera moi qui déciderai quand le jeu s’arrête

-          D’accord, que la partie commence

Ânkhti pouvait presque voir le sourire se dessiner sur le visage de cette femme qui se prétendait être sa déesse

-          Le premier mot est facile – pour moi – c’est « papyrus ». Alors jeune novice, à quoi cela te fait-il penser ? N’oublie pas que tu ne dis rien et je devine ce que tu penses.

Ânkhti hocha la tête : les images, les souvenirs, qui affluaient en elle en une sombre vague malgré le fait qu’elle soit seule face ç elle-même, elle sentit ses yeux se plisser sous le poids du souvenir, elle devait avoir 7 ans, elle se promenait près du Nil, ses petits pieds nus frôlaient l’herbe rase aux abords du fleuve, l’eau éclaboussait ses jambes nues et gringalettes. Sa jeune sœur un peu plus loin était assise dans sa coque en bois recouverte de lin. Leur mère l’ »avait appelée afin de rentrer le soleil brûlant du désert tapait toujours contre leur peau, pourtant elle devinait sans peine son sommeil qui tarderait pas.

Chemin faisant, elles avaient toutes trois regagnées la demeure familiale mais à mesure qu’elles se rapprochaient l’angoisse faisait battre son cœur plus vite, ses jambes en tremblaient, une boule se prenait dans sa gorge s’y logeant et y gardant demeurer. Alors même que la porte se refermait derrière elle sans un mot, elle prit le chemin où chaque soir ses pas la conduisait. Là-bas, le soleil ne brûlait pas : l’obscurité était de mise. Cette ombre sur le lit, la terrifiait : elle était si lumineuse dans les ténèbres, pâle visage amincié aux lèvres décharnées qui murmurait son prénom comme une litanie. Fermant les yeux, elle s’approcha et sa petite main se ferma sur celle de son père mourant. Des larmes scintillaient à ses yeux alors que celui-ci toussait et crachait ses poumons.

«  Ne perds jamais courage mon enfant, accroche toi toujours pour réaliser tes rêves, n’est pas peur de l’obscurité Osiris m’appelle auprès de lui dans son royaume mais je suis fier de le rejoindre protège ta mère et tes frères et sœurs autant que faire ce le pourra »

-          Idriss était mourant et tu étais encore jeune pour comprendre ce que sa perte entrainerait.

Au son de la voix mélodieuse, elle sursauta, elle aurait voulu des mains pour sécher les larmes qui gouttaient sur sa peau. Se séparant des lames des limbes, elle sentit une force l’envahir à contrario :

-          Tu n’as aucune idée de ce que tu avances ! Par ailleurs, tout le monde au Palais Royal le savait mourant. Il peinait à la tache assemblant encore les feuilles de papyrus alors que ses forces diminuaient, il restait fidèle au roi, prenant en diction les paroles des gens de passage à Assouan, il s’efforçait de toujours enseigner ses préceptes de vie à ses élèves et cela tout le monde le savait. Tu ne m’apprends rien que personne ne sache déjà !

-          Sous ta colère véhémente, je sens peindre le chagrin que ce souvenir te cause

-          Et tu n’as pas idée à quel point

-          Mais dis-moi Ânkhti est ce que quelqu’un sait la signification de la marque que tu portes sur la cheville droite ?

Malgré la peur qui commençait à s’immiscer dans sa tête, elle s’obligea à garder son sang-froid et d’une voix égale demanda :

-          Et toi, la connais tu ?

A nouveau un rire : l’agacement la parcourut tiraillée entre son envie de savoir quel visage pouvait émettre pareil son et celui de prendre une aiguille chauffée à blanc et coudre les lèvres qui s’amusait de son émoi.

-          Le soir de la mort d’Idriss, tu t’en ai voulu, tu voulais lui dire quelque chose d’important qui te tenait à cœur, que tu ressentais dans tes tripes, un sentiment fort pour cette personne que tu admirais tant, mais la peur de l’intensité de cette émotion t’en a empêchée alors quand il a fermé les yeux pour rejoindre mon défunt époux, tu as pris la faucille qu’il utilisait pour couper le papyrus afin de te punir n’est-ce pas ?

Ânkhti sentit à nouveau comme ce jour-là la sueur couvrir son dos et ses jambes trembler. Inconsciemment, son pied gauche tentait de remonter pour frotter et faire disparaitre la blessure qu’elle s’était infligée. C’est vrai que ce soir-là, elle avait été submergée par une profonde envie de dire à Idriss qu’elle l’aimait, qu’il lui avait tant apporté, qu’elle avait peur qu’l parte de l’autre côté sans l’amener avec elle, elle voulait l’assurer avant son voyage qu’elle l’aimait de tout son cœur, qu’elle lui était reconnaissante mais les mots l’avaient effrayés et s’étaient coincés dans sa gorge. Mal à l’aise, elle n’avait pu entendre que son «  que fais-tu ? «  Sans pouvoir y répondre.

Angoissée, elle avait fermé les yeux et quand le lendemain Osiris l’avait pris en son royaume, elle s’était sentie coupable qu’il meurt en s’inquiétant encore pour elle alors que l’amour qu’elle voulait lui exprimer aurait pu l’aider à supporter ce long voyage.

-          Je crois que j’ai remporté la première manche : je vais donc laisser une ombre s’amuser avec toi.

Ânkhti sentit la peur s’insuffler en elle alors que l’air déplacé par une ombre l’avait frôlé : hésitante, elle recula, la chaine à son cou se faisant plus lâche.

-          A ta place, j’éviterai d’avoir peur, mes fidèles ombres s’en nourrissent avec délectation.

Elle cria – un son bref, aigu – quand ce qu’elle supposa des doigts la frôlèrent, glissant sur sa peau jusqu’à ses épaules, le souffle d’une voix atone lui murmura «  n’est pas peur » : dans ses mains liées, les poings se serrèrent avec force, les ongles marquant la peau en demi-lune. Les mains qui maintenant reposait sur son cou descendirent avec une rudesse et une vitesse incroyable jusqu’à ses hanches : dans son dos, elle sentit une brûlure qui la fit gémir. Griffée ? Elle  ne le savait pas, mais en sentant une langue rafraichir cette étrange sensation, elle eut la certitude d’avoir saigné. La langue remontait par succession rapide le long de la griffure. La douleur était tant insurmontable qu’une chatouille, comme un léger picotement qui lui donnait envie de se gratter.

 

Photo : Marché de Noël Paris ( 75)

Novembre 2010 

 

Note : je me rappelle l'horreur quand j'ai écris ce passage ( plus long que ce qui est en ligne ) j'avais une telle envie de me débarrasser de cette corvée impitoyable... En fait, c'était vraiment dur de parler de sexe comme cela surtout vu ce que j'en pensais à l'époque : j'étais vierge à l'écriture du premier passage de Perle de Sang. La suite a été écrite alors que je ne l'étais plus mais l'expérience m'avait suffisamment déplue/traumatisée entre guillemets pour que je me dise "on ne m'y reprendra plus ". 

Alors faire parler des personnages pour lesquels j'avais besoin de parler de sexe pour expliquer pourquoi ils sont devenus comme cela, pourquoi l'histoire va se finir ainsi... 

C'était pas évident.

Mais au final, pendant l'écriture, je suis rentrée très facilement dans mon univers crée. J'aimais être avec mes deux héroines. C'était amusant. D'être tantôt l'une, tantôt l'autre.

Toutefois, je crois que j'avais peur après de le faire lire à quelqu'un, peur d'être jugée. Peur qu'on me dise des remarques comme quoi non le sexe ce n'était pas cela. Ou que ca sonnait faux. Ou encore " est ce toi Kasey dans le texte ? ". J'avais peur de questions des gens qui me connaissent, d'être jugée. 

Autant j'en ai rien à battre quand je parle du dernier livre érotique que j'ai lu autant quand c'est l'écriture je me sens mal à l'aise, la peur de transmettre un peu de moi dans l'écriture. Qu'on me juge. Alors que je ne voudrais qu'on pense qu'à mes personnages.

Par kaseybook.over-blog.com - Publié dans : Perle de Sang - Communauté : le club du fantastique
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