Perle de Sang
de Kasey

En plein cœur de la volupté alors que la grande cité sommeille dans la chaleur étouffante de l’après midi, je cligne doucement des
yeux et regarde attendrie l’amante à mes côtés, son doux visage aux traits fins et presque immaculés… presque. Le sang perle au coin de sa bouche délicate, un rayon auburn s’éternisant sur la
peau pâle. Son corps glacé lové contre moi commence à se perler de myriades de rivières de saphir et d’émeraude. Je referme les yeux et laisse les images de la soirée défiler dans ma tête.
Un sourire, une angoisse, un visage, et tout file à vive allure, je repasse le film de cette nuit, avec le sentiment que c’était il y a une éternité.
E.T.E.R.N.I.T.E. Un mot qui ne veut au final rien dire, peut être que je me pencherai la dessus un jour. Peut être.
Même ici, dans la cité, il existait des endroits de débauche, sur lequels le gouvernement fermait les yeux. Il préférait faire comme si cela n’existait
pas, cela lui évitait des problèmes, des tonnes de problèmes… Trop de gens à enfermer, et sûrement trop de personnes à juger et à se demander on en fait quoi ? Moi, je ne juge pas, je
choisis, et je me sers. Qu’importe les conséquences, qu’importe la souffrance, je pouvais avoir ce que je voulais. Et, souvent, ça me gâchait mon plaisir. Rebellez vous. Ne cédez pas si
facilement, pauvres créatures.
Celle d’hier était… oui, était… mmm… délicieuse. Une saveur inoubliable. Je sortais plutôt tôt de la « rave », les gens étaient plutôt coincés
aujourd’hui, il y a avait un peu trop de loubards, et pas assez de filles à mon goût. Déçue, j’étais sortis un peu maussade, et alors que je déambulais dans les rues glauques d’un Paris endormi,
je la vis. Mon instinct a pris le dessus, et tandis qu’elle venait vers moi, je promenais mon regard sur son corps. Arborant un jean qui mettait en valeur de longues jambes fines, elle portait
aussi afin de prolonger sa silhouette filiforme, un long débardeur noir… Et assez échancré. Je portais mon regard sur sa poitrine, et je la sentis relever la tête, qu’elle gardait obstinément
baissée en marchant, ses talons claquant imperceptiblement sur le sol. Ses yeux verts me frappèrent de plein fouet, les boucles de ses cheveux blonds caressant son cou et ses épaules comme un
drap de soie. Le désir se réveilla en moi, à la vitesse de l’éclair.
Elle s’arrêta et me fixa, un pas en arrière, un pas en avant, indécise. Je me sentis sourire imperceptiblement, et je la vis frémir. Je devais
ressembler à un requin. Elle était si faible, petite humaine, si fragile, et si jeune. Je la sondais et la sentit fléchir.
Peut être était ce du viol, ou peut être pas. Oh bien sur, elle me trouvait belle, envoûtante mais comme on aime un tigre ou un loup en cage. Tant qu’il
est derrière les barreaux, sa beauté fascine, mais dès qu’il surgit devant vous, vous ne pouvez que vous tassez sur vous-même ou courir avant qu’il ne vous rattrape. Dangereuse. Ce mot se
répétait comme une litanie dans son esprit, j’étais dangereuse. Même saoule, le signal d’alarme criait dans sa tête. Je l’entendis aussi clairement que la cloche de l’église la plus proche qui
sonnait le premier coup de minuit. Mes crocs pointèrent à l’instant où mon sourire pointa dans la lueur diffuse de la lune.
Le regard hypnotique de mes yeux l’envoûtait. Je savais que malgré la nuit noire et la distance qui nous séparait_ quoique se réduisant de plus en plus_ elle
percevait la lueur violette de mes yeux.
Elle frémit, le corps transit de froid, de faim, de désir, de soif… tel un manque d’héroïne, elle se jetterait désormais sur n’importe quoi pourvu que cela satisfaisssasse sa faim. Et c’est moi
qui allais satisfaire la mienne. Je ne prenais pas cela pour du viol, j’avais fait pire dans ma vie, V.I.E. quelle vie ? Je ne vivais que pour la Cause. Alors, j’avais le droit à de
petits écarts et techniquement, c’est pas moi qui me suis accrochée à elle comme à une bouée de sauvetage dans un océan déchaîné de besoins qu’elle ne pouvait satisfaire, tellement son corps
hurlait.
Cette femme dont je revoyais les cuisses menues, la peau lisse, rasée, l’odeur saisissante de la cyprine… Ce n’était rien par rapport à ce que j’ai
fait et ferrai. Un M.O.N.S.T.R.E. reste un monstre, même s’il a l’apparence d’une femme séduisante.
_ Alice, appela la voix grave qui fit irruption dans ma chambre, sans frapper encore une fois. Je sifflais. Oh mon Dieu.
On aurait pu croire qu’il trouvait cela immonde, qu’il me détestait, qu’il… Mais, non, il regarda, l’appétit dans les yeux, le corps inerte, et sondant mes yeux vides, il
me demanda d’une voix où j’imaginais bien la bave perlée.
_ je peux ?
J’asquiéçais sans un mot. Je le vis nous rejoindre sur le lit, et fondre sur sa proie. Il rétracta les lèvres sur ses crocs luisants faiblement et tout en me
regardant droit dans les yeux, il commença à boire ce qui restait de sang de la pauvre victime innocente. Je suis ignoble non ? J’aurai pu m’en prendre à des tueurs, des violeurs, des
montres comme moi, mais faut comprendre après des années à se faire la morale, on en a marre. On casse le cocon et on sort casser la croûte.
Cependant, s’il n’y avait pas eu la Cause, je lui aurait peut être fait endurer le châtiment suprême, et j’aurai pu avoir à loisir, le plaisir de la toucher…
Je fermais les yeux, me détournant du corps qui commençait à se raptisir, et se friper, je ne savais que trop bien ce qui allait en rester, je ne voulais pas voir cela.
Je ne sais pas comment on a réussi à rejoindre l’appartement, elle appuyait tellement son corps contre le mien, que je m’étais fait violence de ne pas en finir
maintenant. A peine, la porte poussée, elle m’avait poussée contre le mur, et violemment embrassée, s’entaillant les lèvres et la langue, le sang avait perlé sur nos bouches, et glissé le long de
notre gorge, liqueur amer et si savoureuse. Sa bouche descendant le long de ma gorge, s’arrêtant à la naissance de mes seins, elle avait relevé la tête, et son regard m’avait transpercé, une fois
encore. Elle était vraiment belle… Encore une de ses beautés éphémères.
Soudain, je sentis une pression chaude et humide contre ma hanche, ouvrant les yeux, je fixais Arsenios de mes grands yeux. Les lueurs violettes se reflétaient dans
la lueur verte des siens. J’aimais beaucoup ses yeux, tout en lui me rappelait un félin, pourtant, c’était ses yeux, qui m’avait poussé à ne plus le mépriser, et à faire de lui, l’un des miens.
On avait traversé les siècles ensemble.
Je levais la tête à la recherche de ses lèvres, le sang de celle sans nom, se mélangea sur nos langues, il respira à plein poumon, l’odeur de femme sur ma
peau, enfouissant la tête dans mon giron. Je sentis une certaine retenu se détacher de lui, comme il en avait l’habitude. Il craignait toujours, que je le punisse, ou quelque chose de ce genre.
Même si je le traitais comme le dernier des derniers, je crois que c’était mon plus vieil ami, et amant.
Sa bouche avide m’avalait et me suçait les seins avec une violence accrue, par l’afflux de vie de son jeune corps. Sous la soudaine morsure, je me
cambrais, et étouffais un cri dans mon poing. Il me rejeta sur le matelas, et me plaqua avec force sur le lit. J’aurai pu résister, j’en avais la force, mais j’étais si lavée, que je ne le fis
pas. Sentir la douceur des draps, je ne pus me laisser totalement envahir par la chaleur, un coup d’œil angoissé à côté de moi, m’appris que le corps n’y était plus, seulement une immense tache
de sang. Je frémis malgré moi, et cette fois ce ne fut pas du plaisir.
Pourtant, le désir était encore là, alors qu' Arsénios se penchait, la tête plongée dans mon intimité. Je sentais sa langue frôler mon clitoris, et mes lèvres, allant jusqu’à se frayer un chemin
en moi, à l’instant, où elle se mit à tourner, je me cambrais davantage, le forçant à accélérer le mouvement, et je me mis à trembler convulsivement, en fermant les yeux.
Levant brièvement la tête, il me regarda sauvagement, et sans un mot, vint m’embrasser, et sans qu’on s’en rende compte vraiment, nos corps ne firent plus
qu’un, s’imbriquant l’un dans l’autre, et bougeant à leur rythme, sur une musique dont j’ignorai jusqu’aux accords, mais qui nous fit atteindre les cieux. Après, un dernier coup de boutoir
vigoureux, il se laissa retomber sur le coté, plantant ses dents, dans mon épaule. Je sifflais doucement. Il les retira, non sans lécher la plaie, prenant son temps, une douleur qui m’en rappela
une autre, il le sentit aussi, car son membre repris de la vigueur. Je lui souris doucement, mais je ne parvins pas à afficher du bonheur, je me sentais vide, assez vide, depuis que j’avais
plongé mes crocs fatals dans l’épaule de ma dernière amante.
Je laissais ma crinière tomber sur mes épaules et m’approchait de son membre qui grandissait de plus en plus. Soudain, sa main me prenant pas surprise, me
prit le bras, et me tira en arrière. Une lueur de surprise dans les yeux, je me tournais vers son visage. De l’autre, il écarta mes cheveux, pour saisir mon menton, et me relevant de force
la tête, il plongea son regard vert en moi. Je me sentis fondre, et doucement, les larmes que j’avais retenues toute la nuit, pointèrent. D’abord doucement, puis, les sillons ne semblèrent plus
se tarirent. Brusquement, il m’attira contre lui, un bras autour de mes épaules. Un gémissement. Je me recroquevillais contre son corps. Les minutes passèrent dans un silence presque religieux,
qu’il rompit sur La question, la question inévitable, qu’il finissait toujours par me poser :
_ Cilia, t’aurait du la garder pour toi.
Reprenant ma respiration, et sans le regarder, afin d’être en mesure de me contrôler, je dis doucement :
_ On sait tous les deux, que la Cause prime avant tout. Et elle impose de ne plus se créer de nouveaux compagnons. Et tu le sais très bien, dis je tristement.
_Mais je...
_ Il n’y a pas de « mais je » Arsénios, dis je sévèrement. C’est tout. Je ne peux pas trahir ma Déesse. Je ne peux pas la rejeter après tout ce qu’elle a fait pour moi.
_ Tu ne crois pas qu’elle te pourrit ta vie plutôt.
La gifle retentit suffisamment fort, je le fixais durement. Il riait gentiment, visiblement satisfait.
_ Ecoute moi bien, Arsénios, même pour me faire retrouver le sourire, me mettre en colère n’est vraiment pas la bonne solution, même si cela semble fonctionner au delà de tes espérances. Surtout
si tu L’insultes. Je ne permettrai probablement pas un autre blasphème.
_ Bien Cilia.
Il gratifia son « Cilia » d’un baiser au coin de mes lèvres. Et malgré moi je me surpris à sourire.
_ Dis ca te dirait pas de dormir ?
_ Avec toi ? Toujours, mon amour.
_ Non, avec le cadavre que t'as mis sous le lit ! Allons dans ta chambre s’il te plait, cette chambre me fout le bourdon.
_ Si je comprends bien se sera encore à moi de faire le ménage.
_ bah, oui, y ‘en faut bien un pour faire le sale boulot, et puisque qu’on est deux, c'est toi !
_ mouais.
Arrivée à la porte de sa chambre, je l’embrassais doucement comme une humaine devait s’y prendre. Et franchit la porte pour un voyage vers le pays des songes.
Elle se tenait là, se mouvant gracieusement, parmi les herbes, et les rares fleurs de la rive… Ses pieds nus parfois frôlaient l’eau dans des éclaboussures
bleutées. La toile qui la couvrait formait comme un linceul blanc et funéraire sur son corps frêle. Elle était très jeune, peut être une douzaine d’années. De longs cheveux tressés noirs, de
grands yeux brillants, et une peau immaculée, malgré le soleil au zénith à cette heure de la journée, ainsi que ses origines. Sa mère ne se tenait pas loin, agenouillée parmi les herbes folles, à
ramasser les branches de papyrus, pour les échanger à ce scribe du village qui acceptait alors de leur donner de quoi se substanter. Ce n’était pas grand-chose, mais c’était bien suffisant…
_ Ankhti ! Viens me voir, mon enfant, nous devons parler.
La petite fille leva la tête, et se redressa légèrement avant d’accourir auprès de sa mère, dans des bonds gracieux dignes des rares gazelles qui passaient par la région et se faisaient
immanquablement tuer.
_ Oui, mère.
_ Assis toi près de moi, mon enfant.
La petite fille s’assit docilement sur les genoux de sa mère, qui étala quelques mets sur le tissu qui couvrait le sol pour leur déjeuner.
_ Tu vas bientôt avoir tes treize ans comme tu le sais, tu es encore bien jeune hélas, et tu ne peux m’aider à nourrir tes frères et sœurs sans travailler. Etant l’aînée, tu te dois de
trouver de quoi m’aider. Ton frère est trop jeune pour nous aider… Il faut que tu te décides.
_ Mais mère…
Un regard courroucé la coupa, et tristement elle baissa la tête…
_ Il n’y a pas de « mais » qui tienne, mon enfant. Tu te dois de m’aider…
_ Mais, je ne veux pas mère. Je veux être prêtresse.
La mère se redressa ; repoussant sans peine sa jeune fille. Et la retournant pour la regarder dans les yeux, elle leva la main et la gifla silencieusement. Puis, calmée elle dit d’une
voix doucereuse :
_ Notre famille a beau être endettée, je ne te permets pas de nous traiter de cette manière. Tu m’entends ? Prêtresse, tu entends ce que tu dis, mon enfant. Veux tu à ce point être
déshonorée…
_ Il n’y a malheureusement plus d’honneur sur notre famille mère.
_ Je ne te permets pas. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous en sortir.
_ Alors pourquoi ne veux tu pas que je demande l’aide des Dieux, ils nous aideraient, tu le sais bien. Ils sont toujours là pour nous, c’est père, qui le disait…
_ Ton père est mort, et tu crois que tes Dieux l'ont aidés ?!!
_ Peut être que les Dieux avaient besoin de lui chez eux. Quelqu’un de brave, intelligent et rusé comme lui.
La jeune femme se mit à rire avant de se laisser tomber sur le sol dans un sanglot
_ Tu es bien plus futée que lui, mon enfant.
_ Mère.
La femme soupira et se relevant en lissant ses drapés, dit soudain lasse :
_ Notre roi, Ptolémée aura bientôt finit la construction du temple. Pourquoi ne vas-tu pas solliciter la faveur du roi, et de lui demander toi-même de faire partie des jeunes novices. Dis
lui, que tu souhaites tellement être prêtresse, peut être t’écoutera il, mon enfant. Je l’espère. Et peut être, que je pourrais faire travailler Sésostris.
_ Mère, il n’a même pas dix ans.
_ Ecoute moi bien, mon enfant déclama la femme sur un ton agacée, je te confie selon tes désirs, aux bons soins des Dieux, et à leur faveur. Ne t’avise pas d’intervenir par la suite dans ma
demeure tant que tu n’auras pas rapporter de quoi manger dans cette maison. Et dis toi bien, mon enfant, que tu es seule désormais. Tu as choisi ta voie. Reviens nous voir un jour.
_ Mère ! Vous ne pouvez pas me faire cela… et Sésostris, Ahmasis… N’aurais je plus droit de les voir ?
La femme s’était redressée de toute sa hauteur, et toisait l’enfant de son regard noir. Elle serra dans sa main les branches de papyrus, s’incrustant sous ses ongles, au risque qu’elles
soient inutilisables.
_ Si le roi ne veut pas de tes services, je t’enverrai travailler. Et tu pourras alors revoir tes frères et sœurs, d’ici là, rapporte nous de quoi vivre…
_ Mère…
La jeune fille était agenouillée dans l’herbe une larme solitaire s’échappant sur sa joue. Elle se releva brusquement, et remontant le tissus qui la drapait, elle se mit à courir. Elle
grimpa, très haut, remontant le fleuve sans un regard pour celle qu’elle appelait « mère », et parcourant les kilomètres qui l’éloignait d’elle, elle s’arrêta soudain essoufflée, et se
laissa tombée à bout de forces sur la berge.
Accroupie sur le sol détrempé, elle baissa la tête en signe d’assentiment, et se mit à prier. Une prière qu’elle entama de sa voix, chantante, que son père aimait tant. Une voix douce et
envoûtante. La mélodie fit lever la tête des quelques lingères sur la rive de l’autre côté du Nil. L’eau se mit à se mouver de plus en plus vite, vibrant au son de la mélopée. Le ciel s’éclaircit
d’une lumière vivifiante, presque aveuglante. La lumière blanche caressa un instant l’enfant qui priait, une gerbe de fleurs, devant elle, les yeux clos, la bouche ouverte sur un son.
La lumière se concentrait de plus en plus, vibrant dans un souffle. Et la berçant gentiment. Elle se redressa sur les coudes et plongea ses yeux sombres dans la lueur aveuglante, quand elle
entendit la voix se propager dans l’air :
« Ânkhti, enfant du Nil majestueux, écoute les paroles de celle qui te portera, écoute celle qui te reconnaît comme son enfant sacré, écoute la voix qui t’emmènera avec elle. Tu es
encore jeune, un jour ta parole sera exaucée, et ce jour là, tu me serviras, tu prieras avec mes fidèles, et tu me loueras. Un jour de la toge sacrée tu seras recouverte, immaculée de grâce et de
corps, tu te présenteras et je te protègerai. Je t’emmènerai avec moi. Mais, d’ici là tu te dois de retourner vers ta mère. Fais ce qu’elle te demande et l’étoile sacrée viendra te chercher et
t’emmènera où tu le souhaites… Mais, pour le moment tu es trop jeune. Garde ta pureté. Enfant sacrée. »
La petite fille fixait la lumière qui s’évaporait de ses grands yeux ahuris, tout comme ceux des autres femmes de l’autre côté de la rive. Elle se redressa
vivement pour échapper à leur regard inquisiteur, tandis que certaines murmuraient des prières ou incantations. Devant, le torrent de paroles qui suivait, elle s’enfuit, rebroussant chemin vers
cette mère qui l’attendait. Pas une seule seconde elle ne pensa à aller au palais demander grâce au roi. Pas une seule fois, elle ne crut la petite voix qui la poussait à continuer à courir en
remontant le Nil… elle revenait.
_ Mère, Ahmasis, je reviens.
Elle lui en voulait de l'avoir giflé mais elle lui pardonnait, non pas parce qu'elle avait raison... Seulement sa mère avait du mal à comprendre ce qui la reliait à son père, et l'attirance
de sa fille pour devenir de ces jeunes femmes dont on ne sait rien si ce n'est que leur vie est auréolée de mystères et de fortune. Mais pour cette femme que les années et le deuil avaient
abîmées, il ne restait qu'une rancoeur envers ce que les autres appelaient des Dieux, mais combien jamais elle ne l'aurait admis en public.
Photo : Avenue des Champs Elysées Paris ( 75)
Juin 2010